User Tools

Site Tools


pages_cinquiemes



Journal de Mel'Hiar d'Inyas

Année …., jour 49 depuis mon départ du sanctuaire.

Je commence à me dire que je ne pourrai jamais rentrer à temps pour déposer la fiole à mon maitre. En même temps, tant de choses se sont passées depuis mon départ que je ne suis plus sûr d'avoir le même dessein qu'avant. Je voulais m'affranchir de ma partie drow en aidant les autres, mais je m'aperçois de plus en plus que le mal est vraiment partout. Mes “racines” ne sont juste qu'une réputation due à l'isolationnisme de mes ancêtres. Enfin, une partie de mes ancêtres.

Je ne reviendrai que brièvement là-dessus. Notre tactique était au point dans ses généralités. Il nous fallait juste peaufiner les détails. Pour ce qu'il s'agit des protections magiques, le Nain mystérieux nous a fourni un parchemin que le prêtre pouvait utiliser. Pour ma part, la magie reposant sur la divination me révulse ! Comment peut-on fonder ses résultats sur une intervention de… quoi déjà ? La foi ? Un soi-disant dieu ? Jamais vu ! Je pense pour ma part que le prêtre y croit effectivement, et qu'une tierce personne profitant de sa crédulité lui octroie des pouvoirs. Il est forcément très puissant, et je n'irai certes pas le provoquer. Mais affirmer pour autant que c'est un dieu ! Non, trop dur pour moi… Si c'était effectivement un dieu, il n'aurait pas de limites.

Bref, revenons à notre épopée. Une fois ce parchemin acquis, nous devions répéter pour être parfaitement au point. Là, un groupe est arrivé comme par hasard au même endroit que nous avions loué pour soi-disant voir la procession. Pas besoin de sortir de Baarlunys pour se douter qu'ils voulaient la même chose que nous, et deviner qu'ils avaient le même commanditaire qui tentait de dédoubler ses chances. Nous les avons tout d'abord rejetés avec fermeté, mais ils ne l'entendaient pas de cette oreille. Pendant les quatre jours avant de rencontrer à nouveau notre commanditaire pour les derniers détails, nous avons joué au chat et à la souris avec eux. Pas si simple ! le Nain qui les accompagnait était plutôt doué en filature. Une souris se serait fait mal aussi. Comme nous n'avons pas pu complètement les évincer, il a bien fallu se rendre à l'évidence et parlementer : après quelques tractations, nous avons convenu d'un accord. En leur versant vingt centièmes de notre récompense, ils nous aidaient à exécuter notre plan. La magicienne y a apporté une petite touche personnelle en nous faisant remarquer qu'il était évident que certains des gardes chevronnés garderaient un œil sur le coffre malgré toutes les diversions. L'Ork et l'Humain déclencheraient eux-mêmes nos explosifs. La magicienne a lancé un illusion pour faire croire que rien ne se passait au niveau du coffre et Medelhyn a habilement subtilisé le coffre.

Nous avons attendu la fin de la procession et sommes partis le plus discrètement possible. Le coffre était dans une charrette, elle-même remplie de crottin. Nous remontions tranquillement la rue, chacun suffisamment séparé pour éviter de nous faire remarquer quand ces deux crétins d'Ork et d'Humain ont voulu se faire la part belle. Heureusement que je les ai vus. J'ai accouru le plus vite possible pour protéger la cargaison, ai lancé un sort qui a fait peur à l'Humain, ainsi que quelques désagréments physiques. Ils se sont rendus à l'évidence qu'il ne fallait pas chercher à jouer au plus fin avec nous.

Nous sommes arrivés à destination dans une sorte de briqueterie déserte, et avons aperçu notre commanditaire. Je croyais qu'une des grande valeurs des Nains était leur sens de l'honneur. Je n'y crois plus. Ils nous a laissé nous débrouiller pour prouver qui avait rempli la mission. J'en ai profité pour faire part à la magicienne des “bévues” de ses comparses. Elle m'a juré ne pas être au courant, elle semblait sincère. Mais j'ai diminué la prime ! Une fois que nous avons récupéré les œufs, nous avons commencé à partir via le transportail. J'avais pourtant bien dit à mes idiots de compagnons que je ne devais pas être le dernier, rien à faire ! Et bien entendu, une fois de plus j'ai eu raison : L'Ork et l'Humain ont tenté de me maitriser pendant que je me dirigeais en dernier, et donc seul, vers le portail. J'ai encaissé un coup très sérieux ainsi qu'une flèche. En courant pour m'enfuir, j'allais être à leur merci quand j'ai avalé ma dernière potion d'invisibilité. Je m'en suis sorti de peu !

En arrivant sur le lieu de destination, à l'air libre, je me suis vite rendu compte de deux choses : Un, la magicienne avait disparu ; deux : les responsables de mon état étaient ligotés. Mon sang n'a fait qu'un tour. Je me suis emparé de ma dague et j'ai tranché la gorge de l'Ork ! Jamais pu supporter ces bestioles… Le prêtre et la paladine n'ont réalisé que de longues minutes plus tard. L'humain, lui, ne doit sa survie qu'à ses compétences : la magicienne, invisible, a chuchoté dans mon oreille être totalement innocente des décisions qu'avaient prises ses comparses. Une fois réapparue, Morthaken - c'est le nom de notre Nain de prêtre - quant à lui, ne rêvait que d'une chose : faire la peau à la femelle. Je pense avoir réussi à le raisonner. Il ne faut pas prendre de décisions dans la colère (oui c'est moi qui dit ça mais après avoir assassiné l'Ork). Je savais que nous n'étions pas totalement sorti d'affaire. Nous nous sommes vite éloigné du portail et au bout de quelques heures, avons trouvé une grotte suffisamment protégée. Après avoir discuté assez âprement entre nous, nous sommes convenus que la magicienne n'aurait droit qu'à cinq centièmes du butin et l'humain à rien du tout.

Morthaken a pansé mes plaies et nous sommes partis le lendemain vers Kryne, la ville la plus proche. Elle est plutôt grande, et nous avons décidé de vendre le coffre en un seul morceau car c'est comme ça qu'il a plus de valeur. Nous avons vite passé la douane, et, après quelques renseignements, le jour-même de notre arrivée, nous avons mis le coffre en dépôt dans un hôtel des ventes après signature d'un contrat magique nous liant tous. La commissaire-priseur qui a estimé notre bien nous a laissé entendre que nous pourrions peut-être en tirer plus de 50.000 po si nous laissions monter les enchères. Il est stipulé dans le contrat que nous en demandions au moins 45.000 po. Cette enseigne est à priori très réputée, je ne vois donc pas de raisons de mettre en doute leur honnêteté. Nous sommes passé par la SekVault, le plus célèbre établissmenet bancaire des Nains, et celui qui a le réseau le plus étendu, et avons déposé quelques affaires ainsi que le double de ce fameux contrat entre leurs mains. Leur réputation est à ma connaissance sans failles et justifie leurs tarifs.

Après un peu de repos, nous avons repris la route vers l'endroit où seraient tombées ces fameuses “boules de lumières”.

Là, Mel'Hiar signe magiquement son carnet, et ses écrits se copient dans le journal d'origine, à sa maison. Les écrits s'effacent peu à peu du carnet, laissant la page libre pour d'autres histoires.

Armaggion 2017/07/17 17:31

pages_cinquiemes.txt · Last modified: 2018/09/15 13:42 (external edit)